I – Les fourmis et leur langage

 

 

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I - Les fourmis et leur langage

II – Organisation sociale des fourmis

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1) Anatomie

        

                          a) Morphologie

 

Les fourmis sont des insectes mesurant en moyenne de 0.01 à 3 centimètres et pesant de 1 à 150 milligrammes. Elles ont un corps principalement de muscles enveloppés dans une carapace chitineuse très résistante. On peut observer que le corps de la fourmi est divisé en trois parties majeures bien reconnaissables :

 

-                La tête qui est le support des antennes (récepteurs sensoriels extrêmement développés) et des mandibules (membres situés au niveau de la bouche qui se présentent sous forme de pinces dentées et puissantes).

-                Le thorax qui permet la communication entre la tête et l’abdomen, soutenue par trois paires de pattes très longues et très fines qui permettent aux fourmis (tout comme aux araignées qui ne sont pas des insectes) de déplacer dans toutes les directions et dans toutes les positions possibles.

-                L’abdomen, quand à lui, contient tout le système digestif et le moteur du système sanguin.

 

Même si la plupart des fourmis sont asexuées, certaines présentent un système reproductif mâle ou femelle. Nous détaillerons ces différences dans une prochaine partie.

 

b) Les organes internes des fourmis et leurs fonctions

 

Parlons maintenant  des différents organes présents dans le corps des fourmis.

On sait que les fourmis présentent un système nerveux peu développé comparé à celui de l’Homme (1 million de fois moins de neurones que le nôtre), un système sensoriel, digestif, circulatoire, ainsi que différentes glandes ayant des fonctions bien particulières.

 

Schéma de l’anatomie d’une fourmi :

 

 

Légende :

 

Glandes

Fonction

ΠGlande mandibulaire

Production de la phéromone indiquant un danger.

 Glande prépharyngienne

Production d’enzymes digestives.

Ž Glande postpharyngienne

Fabrication et stockage de lipides pour l’alimentation  des larves.

 Glande labiale

Production d’enzymes digestives.

 Glande métapleurale

Production de substances antiseptiques.

‘ Glande de Dufour

ou « Falcon à parfum »

Déposer une phéromone piste traçant un chemin (durée de vie 100 secondes)

’ Glande à venin

Production de venin.

Glande pygidiale

Production des phéromones « fuite » et « avertissement »

 

 

Tableau récapitulatif des organes d’une fourmi :

 

Organe

Lieu

Fonction

Cœur

Abdomen

Circulation sanguine de l’arrière de la fourmi vers l’avant de celle-ci.

Trachées

Tout le corps

Distribue l’oxygène aux organes (car chez la fourmi, le sang ne rempli pas ce rôle)

« Jabot social »

Abdomen

Stockage de graisses et de sucres sous forme de liquide,  destinés à être régurgité.

Gésier

Abdomen

- stockage de nutriments pour les besoins personnels de la fourmi

- pompe servant a propulser la nourriture contenue dans le jabot (pour une trophalaxie)

Tube de Malpighi

Abdomen

Joue le rôle des reins, il sert à rejeter les déchets présents dans le sang de la fourmi.

Palpes

Extrémité de la tête

Organes tactiles et gustatifs.

Mandibules

Bouche

Broient la nourriture (rôle des mâchoires, peuvent aussi être utilisées comme pinces, armes, outils…)

Yeux

Tête

Au nombre de 2 : permettant une vision panoramique (à 180°), ils sont formés de 1300 hublots.

Cerveau

Tête

500 000 neurones : il est composé de 3 parties : le protocérébron, le deutocérébron et le tritocérébron.

Draine nerveuse

Thorax et abdomen

Transport des messages nerveux.

 

 

Ainsi, même si les fourmis apparaissent sous forme d’insectes minuscules, elles ont une organisation physiologique très développée et c’est celle-ci qui leur permet d’évoluer aisément dans leur environnement. De plus, elles présentent des lieux d ‘émission et de réception de messages chimiques, ce que nous allons développer prochainement.

 

2) Langage et communication.

 

a)    Communication sonore, tactile et visuelle

 

Bien que la communication chimique soit très importante chez les fourmis, elles utilisent d’autres moyens non négligeables pour transmettre leurs messages.

 

- La communication sonore :

        Les fourmis possèdent un mince grattoir transversal situé sous le thorax qui frotte contre un plateau de fines crêtes parallèles situé sur l’abdomen. Ce frottement entraîne une stridulation (terme scientifique pour désigner le crissement aigu provoqué) propageant des ondes sonores à travers le sol. Ces ondes codent pour un signal de détresse et elles sont perçues par l’intermédiaire  des pattes des autres fourmis, jouant le rôle de détecteurs ultra sensibles aux vibrations du sol (beaucoup plus perceptibles que les vibrations de l’air pour les fourmis. De plus, lorsqu’elles trouvent de la nourriture, les fourmis sont capables de «chanter» et l’intensité de la vibration sonore déterminera la qualité de l’aliment trouvé (on rappelle que certaines espèces de fourmis tapent une ou plusieurs parties de leur corps sur le sol pour permettre la propagation d’ondes).

 

- La communication tactile :

        Les fourmis, entre-elles, sont capables de se «connecter » par les antennes pour échanger directement les informations qu’elles veulent faire passer. De plus, les pattes jouent un rôle important dans ce type de communication car, par exemple, une fourmi pourra étendre une patte jusqu’au labium d’une autre (à peu près le même organe que la langue chez l’Homme) provoquant ainsi un réflexe vomitif appelé Trophallaxie.

 

- La communication visuelle :

        Ce mode de communication est de moins en moins apprécié car les fourmis utilisent des moyens beaucoup plus efficaces. Toutefois, celui-ci se présente sous forme de diverses danses ou actions attirant l’attention d’autres fourmis ( exemple d’une fourmi tournant autour d’un gros aliment pour que d’autre viennent l’aider à le porter).

 

b)    Communication chimique

 

On a vu que les fourmis possèdent des glandes endocrines pouvant libérer des substances chimiques odorantes, les phéromones.

Celles-ci sont en fait des hydrocarbures cuticulaires caractéristiques d’une information précise (exemple : hexanol, hexanal, undécanone ou encore butylocténal). Ces phéromones peuvent contenir des informations vitales sur l’individu qui l’émet, on peut donc les considérer comme une véritable carte d’identité de la fourmi. Mais ces phéromones lorsqu’elles sont libérées, peuvent informer d’autres fourmis sur une situation particulière (danger, localisation de nourriture,…).

De plus, lorsqu’une fourmi veut faire passer un message complexe, il se peut qu’elle envoie un complexe phéromonique (plusieurs phéromones différentes à le suite). La réceptrice va capter une par une les molécules et va les interpréter progressivement jusqu’à former une « phrase ». Les phéromones sont envoyées en petites quantités et sont toujours captées par les antennes et peuvent être comprises par plusieurs fourmis à la fois pour une seule émettrice (c’est une substance relativement volatile).

Enfin la communication chimique peut intervenir sans utilisation de phéromones. En effet, les déchets fécaux peuvent, en libérant une odeur, marquer un territoire (comme chez certains mammifères tels les chiens ou les lions).

 

En conclusion, les fourmis disposent de nombreux types de communication, mais c’est la communication chimique phéromonique qui apparaît la plus utilisée avec les dix à vingt « mots » et « phrases » qu’elle est capable de traduire. Ce mode de communication a des atouts non négligeables car étant très volatiles, les phéromones provoquent dans une fourmilière un sentiment d’ensemble (si il y a un danger, beaucoup de fourmis le savent en même temps). Ainsi, la communication chimique apparaît bénéfique aux fourmis dans le sens où elle permet un échange extrêmement rapide d’informations.

 

 

 

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